2 %. Voilà le plafond que le marché automobile mondial n’a pas réussi à franchir depuis 2018 en matière de croissance annuelle. Dans le même temps, la demande pour les véhicules électriques, elle, a littéralement explosé, doublant sur la même période. Face à la pression, les équipementiers réorganisent leurs chaînes d’approvisionnement, tandis que certains gouvernements, déjà, fixent des dates butoirs pour la fin des moteurs thermiques.
Les constructeurs traditionnels ne restent pas les bras croisés : ils parient sur des plateformes modulaires pour contrer la percée fulgurante des nouveaux géants technologiques. Cette redistribution des priorités accélère, secouant les piliers du secteur et redéfinissant les rapports de force entre fabricants, fournisseurs et distributeurs.
Où en est le secteur automobile à l’aube de 2025 ?
En France, le secteur automobile aborde 2025 en pleine mutation. Les ventes de voitures neuves patinent sous la barre des deux millions d’unités, loin de l’euphorie d’avant la crise. Renault, Peugeot et d’autres poids lourds adaptent leur offre à une demande devenue instable et difficile à cerner. Pendant ce temps, le marché de l’occasion prend le dessus, porté par des Français soucieux de leur budget et attentifs aux incertitudes liées aux futures normes.
La transition vers l’électrique et l’hybride progresse, stimulée par la réduction du parc thermique. Pourtant, sur le terrain, le constat est sans appel : déploiement des bornes de recharge à deux vitesses, délais de livraison qui s’allongent, inflation persistante sur le neuf. L’équation n’est pas simple.
La dynamique côté entreprises creuse l’écart : ce sont les flottes professionnelles qui tirent les ventes de véhicules neufs, bien plus que les ménages, pour qui la voiture neuve reste hors de portée. Les concessions revoient leur copie, cherchant à s’adapter à une clientèle qui privilégie l’occasion et qui attend plus de flexibilité dans ses modes de consommation.
Les principaux enjeux qui s’imposent aujourd’hui :
- Renault et Peugeot accélèrent leur virage électrique, même si la compétition étrangère s’intensifie.
- Les acteurs du marché automobile français explorent de nouveaux relais de croissance, notamment à travers les services et la location longue durée.
- Le boom du marché de l’occasion dynamise les transactions, mais met la rentabilité des réseaux traditionnels sous pression.
Le tissu économique local reste encore fortement lié à cette industrie en pleine transformation. Entre espoirs de relocalisation et peur d’un déclassement, la filière navigue à vue, interpellée sur la cohérence des choix publics et la viabilité de son modèle, au moment où la France espère peser dans la balance européenne.
Les grandes tendances qui redessinent le marché mondial
Au niveau mondial, le marché automobile se réinvente à coups d’avancées électriques, de ralentissement du thermique et d’arrivée de nouveaux venus. Tandis que Tesla et Volkswagen tentaient de garder la main, la concurrence venue de Chine, avec BYD en fer de lance sur les batteries et les modèles accessibles, bouleverse la donne. L’Europe s’efforce de ne pas décrocher, alors que la part des véhicules électriques dans les ventes ne cesse de grimper, portée par des politiques publiques ambitieuses et des calendriers serrés pour tourner la page du thermique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 10 millions de véhicules électriques ont été immatriculés dans le monde en 2023, un niveau jamais atteint. L’Europe approche les 20 % de parts de marché pour l’électrique, tandis que la Chine s’arroge la moitié du marché mondial. Pour les automobilistes hésitants, l’hybride électrique sert de passerelle, limitant les contraintes liées à l’autonomie ou à l’absence de bornes.
La bataille technologique se joue aussi sur le terrain de l’autonomie. Constructeurs et géants du numérique investissent massivement dans les logiciels embarqués, l’intelligence artificielle et la sécurité. Tesla, Volkswagen ou encore les nouveaux venus se livrent une lutte acharnée, alors que la régulation, la responsabilité et l’acceptabilité sociale des véhicules autonomes restent à préciser. Les choix faits en 2025 pèseront longtemps sur la physionomie du marché automobile international.
Quels défis pour les constructeurs et équipementiers face à la transition ?
Pour les constructeurs et les équipementiers, la période actuelle ressemble à une traversée de zones de turbulence. La marche forcée vers l’électrique bouleverse la chaîne de valeur, oblige à repenser la production et à anticiper la transformation des métiers industriels. Sous l’impulsion de la Commission européenne, entre normes WLTP et réduction des émissions de CO2, le tempo s’accélère. Les investissements dans la recherche sur les batteries se multiplient, tout comme les adaptations sur les sites de production historiques.
L’accès aux matières premières devient un enjeu capital. Lithium, nickel, cobalt : la tension sur ces ressources pèse lourd sur la capacité à produire des véhicules électriques. Les équipementiers se réinventent, tandis que la France tente de ramener de la valeur sur le territoire via le développement de gigafactories et la relocalisation de certaines activités.
L’inflation et la hausse des taux d’intérêt compliquent la donne pour le marché automobile européen. Obtenir un crédit pour une voiture neuve devient plus difficile, et l’achat s’en trouve freiné. Pour soutenir la demande, des dispositifs comme le bonus écologique ou le leasing social sont mis en place, mais la concurrence autour des arbitrages budgétaires s’intensifie.
Les principaux chantiers à venir s’organisent autour de trois axes :
- Faire évoluer les compétences et accompagner les transitions sociales
- Installer des bornes de recharge sur l’ensemble du territoire
- Développer l’économie circulaire et renforcer le recyclage des batteries
Chaque acteur du secteur se retrouve face à une équation où technologie et enjeux sociaux s’entremêlent, sans solution toute faite à l’horizon.
Vers quelles innovations et nouveaux usages se dirige l’automobile ?
Le secteur automobile s’apprête à franchir une nouvelle étape. Les constructeurs misent sur le développement des véhicules autonomes, s’appuyant sur l’essor de l’électronique embarquée et de l’intelligence artificielle. En France, la recherche s’intensifie avec l’objectif de rendre ces avancées fiables et de renforcer la sécurité routière. Les expérimentations se multiplient, notamment sur les routes périurbaines et dans les flottes d’entreprise.
La mobilité partagée prend de l’ampleur. Les offres d’abonnement automobile et de partage de véhicules se diversifient, répondant à l’évolution des habitudes, surtout en ville. Les jeunes générations, en quête de souplesse, privilégient l’accès au service plutôt que la possession. L’essor de solutions de mobilité durable passe par un réseau de recharge accru, une gestion intelligente des données et des services connectés plus fluides.
Sur le plan industriel, la cadence des innovations s’accélère. Les constructeurs repensent la conception des véhicules : matériaux allégés, optimisation de l’aérodynamisme, modularité accrue. Les usines françaises adaptent leurs lignes pour plus d’efficacité, anticipant les contraintes énergétiques et réglementaires.
Les grandes orientations à suivre sont les suivantes :
- L’arrivée progressive des véhicules électriques autonomes sur certains segments urbains
- L’essor rapide des services de mobilité partagée, aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers
- Une coopération renforcée entre constructeurs et start-up pour pousser l’innovation toujours plus loin
Au-delà des prouesses techniques, la réflexion porte aussi sur l’accès équitable à la mobilité. L’innovation, ici, ne s’arrête pas aux avancées technologiques : elle se joue dans les usages, les territoires, les attentes renouvelées. L’industrie automobile avance sans filet, entre promesse de renouvellement et nécessité de ne laisser personne sur le bord de la route. Le virage de 2025 pourrait bien façonner la mobilité de toute une génération.


